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Je me permets de faire un petit coup de pub pour ce bouquin. C'est une nouvelle écrite par une copine rencontrée lors des manifs pour la régularisation des Maliens de Montfort. Elle raconte le parcours de ceux qui fuient l'Afrique sur des "bateaux de fortune" pour tenter de reconstruire leur vie en Europe. Pour les plus "chanceux" qui atteindront nos côtes, les épreuves ne font que commencer...Ce sont les difficultés de l'intégration décrites avec réalisme et poésie à travers le regard des migrants.

Extrait :


Je pars pour accomplir mon rêve qui ne sent pas le poisson mort ni ne résonne des cris des femmes inquiètes ou du braillement des enfants malades. Mon rêve à moi est silencieux, sans faim, sans peur, sans moustiques, sans virus,
sans femmes abusées et abusives, sans hommes déchus de leur dignité d’hommes, sans odeur de pourriture, sans enfant qu’on n’a pas choisi d’avoir et qu’on aime le temps d’une vie trop courte. Mon rêve est presque vide et je vais pouvoir le remplir en chemin de tout ce que j’ignore encore et c’est pour cela que j’y crois.
Je ne crois pas aux rêves qui ont la couleur des dollars ou qui s’écroulent sous le poids d’euros facilement gagnés, qui se saoulent de vin de palme champagnisé, qui rutilent comme des voitures de sport. Je ne pense pas qu’ailleurs on m’aimera mieux qu’ici, c’est tout le contraire.
Quoi qu’on en dise, ce que nous vivons ici nous préserve de toute espèce d’illusion. À force de débrouiller sans cesse, j’ai presque désappris à rêver.
Il ne me reste plus que ce lambeau de songe accroché à une pirogue aussi fragile que lui, et je défie quiconque de m’interdire d’en faire ma réalité.

Si vous êtes intéressés par cette histoire, laissez-moi vos coordonnées, je me ferai un plaisir de vous adresser son livre (prix 6.90 € + frais de port).