Lorsque Caïmit vivait encore sur l'île, il nous arrivait de marcher le ensemble le mercredi après midi (je marchais, elle courait), et les autorités ont fermé notre parcours sportif qui était d'ailleurs pour nous plutôt un parcours papotif.

Bref, désoeuvrées comme nous l'étions, nous nous sommes rabattues très vite l'un des seuls bars de l'île digne de ce nom où l'on pouvait être tranquilles.

Nous prenions une de nos voitures et un jour, où j'avais besoin d'essence, je m'arrête à la deuxième station sur l'autoroute, et Caïmit me dit : "Pourquoi tu t'arrêtes chez Esso alors que la Total était plus proche ?

Je ne réponds rien et je lui montre ça, un panneau 4 x 3 et je dis :

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- Tu comprends maintenant pourquoi je ne vais pas chez Esso par hasard ?

Ici, en Martinique, il y a encore des pompistes qui nous servent alors on a tout le temps de regarder les publicités, et je trouve ce garçon tellement accueillant et craquant que je ne me lasse pas de le regarder.

Depuis, ils ont changé les affiches pour une fille très jolie aussi mais qui ne me fait aucun effet, alors quand j'ai retrouvé cette affiche par hasard dans la petite station de mon village, je l'ai prise en photo sous les yeux écarquillés des clients.

Caïmit, je te l'offre en souvenir de nos fous rires sur la Nationale 1.

Fou rire, toute seule hier en regagnant le club de voile (pour ne pas dire le Yacht club, ça fait snob), j'étais bloquée sur le pont échangeur de la Lézarde entre un camion de ciment, 1 pick up à ma gauche et une abrutie en BMW à ma droite.

Je tourne la tête vers la gauche et un monsieur me fait un magnifique sourire qui en dit long et un coup d'oeil. Du haut de mes 40 ans maintenant, je lui réponds sans trop le fixer mais en riant quand même, car il était assez insistant ce jeune homme (30 ans peut être ?).

Quelques secondes plus tard, je le regarde à nouveau en espérant (peut être ?) qu'il m'ai lachée, et bien non, cet idiot charmant était en train de me prendre en photo avec son portable. J'éclate de rire et la route s'ouvre enfin devant moi et je pars, morte de rire, ravie en fait qu'on s'intéresse encore à moi.

Ce sont des petites scènes de la vie quotidienne, ici, les hommes sont très entreprenants, et quand on passe un âge délicat, on apprécie ces petites marques d'attention, j'étais de bonne humeur hier soir.

Merci Monsieur le photographe en pick up.