STOP ! je dis STOP ! Arrêtez montre, pendule, horloge, réveil etc... Je ne veux pas franchir cette frontière invisible qui me rapproche de l'inéluctable. Je ne veux pas attaquer le chemin retour dès maintenant, j'ai encore plein de choses à accomplir avant la date fatidique qui ruinera toutes mes illusions de jeunesse. Je n'ai pas peur de vieillir, j'ai peur de manquer de temps...

Voilà quel était mon état d'esprit il y a encore quelques semaines. Je faisais ma "midle crisis" comme dirait Beigbeder., le syndrome de la quarantaine. C'est l'âge des choix et des renoncements (Qu'est-ce que j'ai fait jusque là ? Qu'est-ce que j'ai pas fait ? Qu'est-ce que j'aurais dû faire ?), l'âge de la maturité et des grandes décisions (Est-ce que je change de boulot ? Est-ce que je change de mec ? Est-ce que je prends un amant ? Et si on faisait un petit dernier ???) Le temps de répondre à toutes ces questions, il est déjà trop tard ! La quarantaine te tombe dessus sans crier "Gare !"

Aujourd'hui je vous rassure, ma crise d'ado attardée est terminée. J'attaque sereinement la quarantaine en assumant pleinement ma médiocrité.

Mais quand même...ma mère vient de les avoir ces 40 ans, je m'en souviens comme si c'était hier :

Elle a organisé pour l'occasion une soirée entre amis à Saint Lunaire. C'est une soirée d'été et j'attends que le punch fasse son effet pour lui demander la permission de sortir et ainsi de lever la punition qui m'est inligée depuis que mon père m'a surpris faisant le mur.

-"Pas de problème ma Chérie. Amuse-toi bien et sois raisonnable."

Elle a à peine finie sa phrase que j'ai déjà enfourché ma mobylette Peugeot Biplace (Yes !) et que je roule à fond sans casque retrouver les copains au bar le plus proche.

Quelques malibus ananas pour se mettre dans l'ambiance et direction "La Chaumière" jusqu'au petit matin.

Quand je suis rentrée chez moi, le jour se levait et il restait quelques irréductibles, plus bourrés que moi, qui se déhanchaient sur Boney M.

Qu'est-ce que je les trouvais ringards ces vieux de 40 balais. C'est pas possible que ce soit déjà mon tour...

Je vais toujours à la Chaumière mais en taxi et on m'appelle "Madame". Comble du ridicule, j'ai même adhéré à l'association des anciens de la Chaumière ! Finalement je crois que je mérite vraiment mon âge. Je vais donc réunir quelques amis (80 potes) pour célébrer dignement cette nouvelle décennies, malgré l'absence de quelques êtres chers...

Comme le dit la chanson : "C'est le temps qui court qui change les plaisirs et c'est le manque d'amour qui fait vieillir..." De ce côté là, ça va. J'ai encore beaucoup d'amour à donner, à partager et à ......recevoir, je l'espère.